PROJET UV 2.4

 

Boîte de vitesse robotisée - Toyota C551A

 

Remerciements

Nous tenons à remercier chaleureusement nos encadrants de projets : Nicolas DUFIL, Yvon GALLOU, Didier POCHARD et Mikael SALAUN pour leurs conseils avisés et leur soutien tout au long du projet.

 

Résumé

 

Les constructeurs automobiles perfectionnent sans cesse les boites de vitesse, recherchant toujours la simplicité d’utilisation, le rendement et la fiabilité. Les boîtes robotisées, apparues dans les années 1990, s‘inspirent très largement des boites manuelles, en automatisant les changements de vitesses. Ces nouveaux systèmes doivent respecter certaines caractéristiques : un temps de changement de vitesse le plus court possible, afin de réduire la consommation et de garder une conduite sportive, la minimisation des à-coups, afin de bénéficier d’un confort optimal, et la possibilité de passer les vitesses sans lâcher l’accélérateur.

 

Ce projet a pour dessein d’effectuer une étude théorique générale des boites de vitesses, en s’intéressant plus particulièrement à la boite C-551A Toyota. L’étude portera aussi bien sur son fonctionnement mécanique qu’électrique, et explicitera le rôle des différents éléments qui la composent, de l’embrayage à la synchronisation des vitesses, jusqu’à l’avancement de la voiture.

 

Abstract

Vehicle constructors continuously improve gear-boxes, whatever it is a manual or an automatic transmission. The latter are directly inspired from manual transmissions, but the gear changes are automated. They need to respect some constraints: a time of gear change as shorter as possible, in order to reduce fuel consumption and to keep a sport driving style, a minimization in fits and starts for a better comfort and the possibility to change gears without releasing accelerator.

The aim of this report is to explain the several aspects of automated gear boxes, mechanic and electronic, and then focus on an example, the C-551A Toyota.

Sommaire

Remerciements. 2

Résumé. 2

Abstract 2

Introduction. 3

I-       Etude bibliographique. 4

1) Fonctionnement des boites de vitesses. 4

a) La boite de vitesse manuelle. 4

b) Boite de vitesse automatique. 5

c) Boîte de vitesse robotisée. 6

d) Boîte CVT (Continuously variable transmission) 7

2) Fonctionnement du synchroniseur de vitesse. 7

3) Les différents Capteurs et actionneurs de la boite de vitesse robotisée. 8

a)      Actionneurs. 8

b)      Capteurs. 9

II-     Etude générale de la boite. 9

1)      Schéma cinématique. 9

2)      Fonctionnement général de la boite et GRAFCET. 10

3)      Chronogramme du changement de vitesses. 14

4)      Détermination de la vitesse maximale du véhicule. 14

III-         Analyse de l’embrayage. 17

1)      Détermination du temps d’embrayage. 17

2)      Détermination de l’énergie dissipée par l’embrayage. 19

IV-         Analyse de la synchronisation des vitesses. 19

1)      Modèle de changement de vitesse et temps de synchronisation. 19

2)      Application au système. 20

3)      Etude critique des capteurs et des actionneurs installés par le constructeur 22

4) Proposition d’une solution alternative adaptée. 22

Conclusion. 23

Références Bibliographiques. 23

 

 

Introduction

 

Avant d’acheter une voiture, il est intéressant de comparer les différentes boites de vitesses, afin de choisir celle qui correspond le mieux à nos attentes et à notre style de conduite. Ce rapport a pour objet d’étude la boite de vitesse robotisée, et en particulier la Toyota C551A. Cette boîte est implantée sur des voitures citadines, comme les Citroën C1 ou les Toyota Yaris. Elles doivent respecter certaines exigences fondamentales : un temps de changement de vitesse le plus court possible, un confort maximal et la possibilité de changer de vitesse sous couple.

 

Comment peut-on intégrer dans un système mécanique de boîte de vitesse un changement de rapport robotisé ?

 

Après une étude du fonctionnement des différentes boîtes de vitesses existantes, le projet se concentre sur la boîte Toyota C551A, et plus particulièrement sur les mécanismes de l’embrayage et de la synchronisation des vitesses.

 

 


 

I-               Etude bibliographique

Par définition, une boîte de vitesse est un carter contenant le mécanisme de changement de vitesse. Les premières boites datent de 1887. Elles offraient 2 vitesses (Avant & Arrière). Les 3 fonctions principales d’une boite de vitesse sont :

·        De réduire la vitesse tout en augmentant le couple transmis aux roues motrices, afin de démarrer le véhicule, de gravir les côtes, ou d’effectuer les manœuvres en marche avant ;

·        D'inverser le sens de rotation afin de permettre les manœuvres en marche arrière ;

·        De désaccoupler la transmission du moteur (mettre au point mort).

Tout d'abord, le fonctionnement de différentes boites de vitesses (manuelle, automatique, robotisée et à variation continue) sera expliqué, suivi de l’étude de la synchronisation, puis des différents capteurs et actionneurs qui y sont intégrés.

1) Fonctionnement des boites de vitesses

               a) La boite de vitesse manuelle

De nos jours, les boites de vitesses manuelles à engrenages parallèles sont les plus utilisées. Ce sont ces engrenages qui assurent la transmission de puissance. Il y a deux arbres de transmission dans ce type de boite : un arbre primaire et un arbre secondaire. Un arbre intermédiaire fait la liaison entre les deux précédents. L’arbre primaire comporte un pignon unique, l’arbre intermédiaire est en prise constante avec le pignon primaire. L’arbre secondaire est composé de pignons fous libres, qui ont un mouvement de rotation et qui se translatent avec l’arbre, et de crabots liés en rotation et libres en translation sur le même arbre. Ces crabots, en fonction de la vitesse choisie, engrènent le pignon fou concerné, qui se retrouve lié en rotation avec son arbre grâce au moyeu du crabot.

Toutes ces actions sont déclenchées par le conducteur, lorsque ce dernier appuie sur la pédale d’embrayage. Ce mouvement permet la désolidarisation du pignon fou de l’arbre et le déplacement du crabot lorsqu’il débraye et l’engrènement du pignon fou sur l’arbre lorsqu’il embraye. Les engrenages utilisés ont des diamètres différents, afin de permettre une réduction de vitesse, donc une multiplication du couple moteur.

Cependant, pour permettre un passage de vitesse sans choc, il faut que les éléments à accoupler aient la même vitesse circonférentielle, c'est-à-dire la même vitesse de rotation pour un même diamètre. Or, les crabots et le pignon fou à engrener ne tournent pas à la même vitesse. Pour remédier à ce problème, on insère des synchroniseurs, qui amènent le pignon lié à l'arbre d'entrée et l'arbre de sortie à la même vitesse circonférentielle, avant de faire le crabotage. Cette technique est désormais intégrée à toutes les boites de vitesses, elle permet une conduite plus agréable, et préserve les crabots d'une usure trop importante.

Les boites manuelles présentent plusieurs avantages, dont un coût assez bas à l'achat et à l'entretien, une meilleure maîtrise de la voiture, notamment au freinage, et la possibilité d'utiliser le frein moteur.

               b) Boite de vitesse automatique

Les boites de vitesse automatiques ont un fonctionnement quasiment identique aux boites de vitesses manuelles. Les principaux changements s’opèrent au niveau de l'embrayage et au moment du calcul de passage des vitesses. La première boîte de vitesse automatique à double embrayage de l’histoire date de 1935.

o   Embrayage à convertisseur de couple

Ce système est appelé « convertisseur de couple hydraulique » sur les boites automatiques. Un système hydraulique permet d’injecter un jet d’huile avant d’engrener, transmettant ainsi le couple moteur à l’arbre de sortie. L’huile est mise sous pression grâce à une pompe haute pression alimentée par le moteur. Ce système peut donc faire « patiner » l’embrayage mais implique une augmentation des pertes de charges et donc de la consommation de carburant. D’autre part, le convertisseur de couple empêche d’avoir un frein-moteur.

Zone de Texte: Figure 1 : Embrayage à convertisseur de couple

o   Boites à double embrayage

Pour la boîte automatique à double embrayage, le changement de rapport est entièrement contrôlé par l'ordinateur de bord. Celui-ci attend que l'arbre à embrayer et l’arbre moteur aient sensiblement la même vitesse de rotation pour commander l’embrayage, ce qui limite l'usure et donc la taille des embrayages à utiliser. Le principal avantage consiste en un passage des vitesses extrêmement rapide, permis par la présence de deux demi boites. Lorsque l’une des deux est en prise avec le moteur, l’autre peut changer de vitesse, comme sur une boite automatique standard, et ainsi permettre un passage de vitesse presque instantané.

o   Mécanisme général et passage de vitesse

Le dispositif est automatique et s’effectue grâce à des trains épicycloïdaux permettant de créer différents rapports de transmission. En bloquant le mouvement de l’une des pièces (pignons solaire, satellites, couronne ou porte satellite), on change le rapport de transmission entre l'arbre moteur et l'arbre de sortie. Un avantage des boites de vitesse automatiques est qu’elles peuvent contenir un plus grand nombre de rapports de transmission dans un volume réduit (6 à 10 rapports en général).

o   Pilotage & calcul du passage de vitesses

Le mécanisme est piloté hydrauliquement et électroniquement par un ordinateur de bord. Ainsi, il choisit et calcule le meilleur rapport en fonction de diverses informations : position de la pédale d'accélérateur et du sélecteur de vitesse, vitesse de la voiture, charge moteur, etc.


 

c) Boîte de vitesse robotisée

Cette technique est apparue dans les années 1990. L'embrayage est toujours réalisé classiquement par un disque de friction. Le principe majeur est que la boite débraye, embraye, et passe les vitesses à la place de l'utilisateur, par le biais de vérins hydrauliques ou électriques. La voiture ne présente donc pas de pédale d'embrayage. Son principal intérêt réside dans le choix du mode de fonctionnement : automatique ou séquentiel.

Dans le cas d'un fonctionnement automatique, le calculateur choisit le rapport de transmission le plus adapté et passe les vitesses en conséquence, comme pour une boite automatique. Dans le cas d'un fonctionnement séquentiel, le conducteur passe les vitesses par un levier ou par des palettes. Néanmoins, l’ordinateur de bord assure l’embrayage.

               Il existe deux types de boîte de vitesse robotisée, qui diffèrent par leur type d’embrayage. La première dérive d’une boîte classique avec un embrayage réalisé par des moteurs électriques. Ce système est alors peu coûteux, mais engendre des à-coups durant les changements de vitesse. La deuxième résulte d’une boîte à double embrayage, comme pour une boîte automatique. Il existe souvent un levier de vitesse possédant une position point mort, une position marche arrière, et deux positions pour monter et descendre les rapports, en l'absence de palettes. Un afficheur montre la vitesse actuelle au conducteur, sur le tableau de bord.

               Les principaux avantages d’une boîte robotisée sont principalement son surcoût relativement bas à l’achat (moins de 1000€), sa surconsommation quasi-inexistante, et son confort de conduite accru. Cependant, la lenteur du passage de certains rapports et la fiabilité moindre comparée à une boite manuelle en font une boîte en cours de développement.

d) Boîte CVT (Continuously variable transmission)

Zone de Texte: Figure 2 : Fonctionnement du variateurCette boîte, moins utilisée que ses semblables, transmet le couple du moteur de façon continue, du démarrage jusqu'à la vitesse maximale. Grâce à son infinité de rapports, il n’y pas de perte de couple. Le régime moteur est stable : c’est la boîte qui adapte le rapport de transmission au cours de l’accélération. Le calculateur privilégie la plage où le moteur offre le meilleur rapport puissance/consommation (rendement et couple) dans le but d’optimiser la consommation. Cette boîte est particulièrement adaptée aux voitures de ville, qui doivent souvent changer de rapport. Une des principales critiques des conducteurs est qu'ils perdent la sensation d’accélération puisque le moteur reste à un seul régime.

Le variateur est composé de deux poulies coniques reliées par une chaîne métallique. Les deux poulies coniques sont à écartement variable, donc à diamètre variable : c’est le positionnement variable de la courroie sur les poulies qui permet de faire évoluer le rapport de transmission. La plus grande variation de rapport est réalisée lorsque la première poulie passe du petit diamètre au plus grand tandis que l'autre évolue dans l'autre sens. Pour gérer le point mort et le démarrage, la CVT fait appel à un convertisseur de couple identique à celui des boîtes automatiques ou à un embrayage multidisque contrôlé par un servomoteur.

 2) Fonctionnement du synchroniseur de vitesse

Figure 3 : Synchroniseur de vitesse en position débrayée (en haut) et embrayée (en bas)

Comme tous les engrenages sont constamment en prise, tous les pignons fous tournent à des régimes de vitesses différents de l'arbre récepteur. Pour pouvoir solidariser un des pignons fous et son arbre, il faut synchroniser leurs régimes : c'est là le rôle des synchroniseurs.

 

La synchronisation s’effectue en trois étapes :

 

1)     Débrayage, puis début de déplacement du levier de vitesse

Avant débrayage, le baladeur tourne en fonction de la vitesse du véhicule, car le moyeu est lié aux roues grâce à l’arbre. Les clavettes entrainent avec elles les anneaux de synchronisation. En débrayant, l’arbre primaire se désolidarise de l’arbre moteur : l’arbre primaire tourne donc par inertie. Le levier de vitesse actionne des axes sur lesquels sont fixés des fourchettes dans lesquelles tournent les baladeurs. Les baladeurs sont en liaison glissière avec leur arbre (moyeu).

2)     Phase d’interdiction

Pour pouvoir engager les dents d’un baladeur dans les dents latérales d’un pignon fou, il faut synchroniser leurs régimes : c’est le rôle des anneaux de synchronisation. En déplaçant axialement le baladeur, celui-ci décale les clavettes vers la gauche ou vers la droite. Ces clavettes appuient elles-mêmes contre l’anneau de synchro, le poussant sur le corps d’embrayage conique situé sur le côté du baladeur. Il en résulte une friction entre l’anneau de synchro et le baladeur, amenant le corps d’embrayage et le pignon fou à adopter approximativement la même vitesse de rotation que l’anneau de synchro.

 

3)     Phase d’engagement

Dès que les vitesses de rotation sont égales, c’est-à-dire que la différence de vitesse entre le pignon fou et le baladeur est nulle, l’engagement peut se faire. Le baladeur vient coiffer le pignon fou à synchroniser : ses dents engrènent progressivement avec celles de l’anneau de synchronisation. L’embrayage est ainsi progressif et la vitesse est de ce fait enclanchée.

 

Ce système permet donc de transformer la liaison pivot entre le pignon fou et l’arbre récepteur en une liaison encastrement.

 

3) Les différents capteurs et actionneurs de la boite de vitesse robotisée

 

a)     Actionneurs

 

La boite de vitesse robotisée classique présente deux actionneurs : un actionneur d’embrayage et des actionneurs de sélection des vitesses.

 

·        Actionneur d'embrayage

               Ici l'exemple de la boite robotisée MT-BVR, où un système de piston-ressort relié au moteur électrique va permettre la transition entre les positions embrayées et débrayées.

Titre : Insertion de l’image...

Figure 4: Schéma d'un actionneur d'embrayage

 

·        Actionneurs de sélection des vitesses

 

               Pour sélectionner un rapport, deux actionneurs sont nécessaires : un actionneur de passage de rapport, et un actionneur de sélection du rapport. Ils peuvent être électriques ou hydrauliques, selon le type d'énergie installé. Les moteurs électriques sont souvent utilisés pour les voitures, du fait de leur coût modeste, et sont largement suffisant pour ce type de véhicule. Les vérins hydrauliques sont davantage utilisés sur les camions, car plus puissants. De plus, les camions possèdent déjà plusieurs systèmes hydrauliques.


 

b)     Capteurs

 

Les capteurs présents sur le système de boîte de vitesse sont de plusieurs types. Il existe tout d’abord des capteurs de régime de boîte de vitesse (en entrée et en sortie de la boite de vitesse) pour que le calculateur choisisse un rapport de transmission adéquat. On peut par exemple citer les capteurs à effet Hall. Ce sont des capteurs de position par mesure des variations du champ magnétique. D’autres capteurs de position sont également présents : capteur de course d'embrayage, et capteur de position du levier de changement de vitesse.

Des capteurs de pression au niveau des pédales mesurent la charge du moteur pour l'accélération ou la position de la pédale de frein, afin d'activer ou non le frein-moteur. Des potentiomètres permettent de mesurer le rapport engagé dans une boite de vitesse : capteur de course de sélection et capteur de course de changement de vitesse. Enfin, on trouve également un contacteur de démarrage au point mort.

II-            Etude générale de la boite Toyota C551A

 

1)   Schéma cinématique

 

 

 

Figure 6 : Schéma cinématique de la boite

2)   Fonctionnement général de la boite et GRAFCET

 

Dans ce type de boite de vitesse, les vitesses sont changées automatiquement par un ordinateur, il n’y a pas de pédale d’embrayage.

·        Dispositif de commande de changement de vitesse

L'utilisateur veut changer de vitesse. Il actionne le levier de commande de vitesses. Ce levier commande des circuits activés ou non selon la position et le déplacement du levier de vitesse. L'information est transmise au calculateur, en liaison directe avec les divers capteurs. C’est ce calculateur électronique qui va gérer les fonctions de commande d’embrayage, de sélection et de changement des vitesses en fonction de la position du levier de vitesses.

Le calculateur électronique communique avec le calculateur de gestion moteur afin d’adapter au mieux le régime moteur et l’ouverture du papillon des gaz commandé électriquement, en fonction des conditions de fonctionnement moteur et de roulage.

Le moteur de sélection de vitesses entraîne par rotation l'arbre de changement et de sélection, qui se translate pour la sélection du rapport. Le moteur de changement de vitesses agit sur la couronne faisant pivoter le levier, qui enclenche le rapport sélectionné.

La position angulaire de l'axe des moteurs, qui donnent aussi la position des fourchettes de sélection, est mesurée par un capteur de course de changement de vitesses ainsi qu'un capteur de course de sélection.


 


 Ce GRAFCET indique les différentes étapes de tous les changements de vitesse possible sur la boite étudiée.

 

Figure 7 : GRAFCET complet

 
 

 


NB : En cas de freinage d’urgence, l’état X peut passer à l’état 0 sans que le conducteur ait à rétrograder. Ce cas particulier n’est pas explicité sur ce schéma.

 

*Cette condition de transition varie en réalité en fonction de la force appliquée sur la pédale d’accélération.

 

**Cette valeur varie en fonction de la force appliquée sur la pédale de frein.

 

Ce GRAFCET explique plus précisément le passage de la troisième à la quatrième.

Figure 8 : GRAFCET du passage de vitesse de la 3ème à la 4ème

 

3)   Chronogramme du changement de vitesses

 

On a représenté le passage de la première à la seconde sur le graphique suivant :

 

Zone de Texte: 	Si  ω_s/ω_e  est plus élevé après le passage, alors le rapport de vitesse a été augmenté.
	Si ω_s/ω_e  est plus faible, alors on a rétrogradé.

Figure 9 : Chronogramme d'un changement de vitesse

 

 

Le chronogramme ci-dessus décrit l'évolution des vitesses de rotation des différents arbres en fonction du temps au cours d'un changement de rapport.

               Avant le débrayage, la vitesse de l'arbre moteur ωest égale à celle de l'arbre d'entrée ω. Le rapport entre ω et la vitesse de rotation de l'arbre de sortie ωcorrespond au rapport de boîte et dépend de la vitesse enclenchée.

               Après le débrayage, la vitesse de rotation du moteur chute jusqu'à un minimum et atteint environ 1000 tr/min. Elle n'est donc plus égale à la vitesse d'entrée de la boîte, qui va chuter elle aussi jusqu'à la synchronisation avec l'arbre de sortie, dont la vitesse chute aussi. Au moment de la synchronisation, le rapport entre la vitesse de rotation des arbres d'entrée et de sortie de boîte va se stabiliser pour correspondre au rapport de la nouvelle vitesse enclenchée. Enfin, l'embrayage va permettre à la vitesse de rotation du moteur de revenir au niveau de la vitesse de rotation de l'entrée de la boîte, on atteint ainsi un nouveau régime stable.

              

               Ici, les durées de transitions sont prises volontairement longues pour plus de clarté mais sont beaucoup plus courtes dans la réalité.

 

 

 

4)   Détermination de la vitesse maximale du véhicule

 

Nous avons exploité l’équation différentielle fournie qui est la suivante :

 

 

Avec :

 dépend de la vitesse enclenchée.

 


               Nous avons ensuite utilisé Matlab pour résoudre l’équation différentielle. On affiche sur une même figure la courbe de la vitesse pour les différents rapports (de 3 à 6), la vitesse maximale étant obtenue par lecture graphique de l’asymptote horizontale.


Figure 10 : Résolution de l'équation différentielle

Vmax (m/s)

 

Temps(s)

 

Figure 11 : Courbes de vitesse pour les différents rapports

 

 

 

 

 

La cartographie moteur suivante montre que le couple moteur est constant dans son régime d’utilisation, nous le considérons égal à 90 Nm.

 

 

 

 

Zone de Texte: Figure 12 : Cartographie moteur

 

               Le tableau suivant récapitule les résultats obtenus pour les différents rapports, afin de déterminer la vitesse maximale tout en respectant l’intégrité du moteur, c’est-à-dire un régime en dessous de 6000tr/min.

 

Vitesse engagée

Rapport de réduction

Vmax (m/s)

Vitesse de rotation du moteur (tr/min)

3eme

0.76

60

9549

4eme

0.97

54

6780

5eme

1.14

50

5338

6eme

1.42

44

3772

 

               En considérant un usage standard, la vitesse maximale est obtenue pour un rapport de 5eme, avec une vitesse maximale de 50 m/s soit 180 km/h. Le constructeur annonce une vitesse maximale de 175 km/h, ce qui paraît cohérent.


 

III-          Analyse de l’embrayage de la boite Toyota C551A

 

1)   Détermination du temps d’embrayage

 

Afin d’étudier et de déterminer le temps de patinage de l’embrayage dans un démarrage d’une côte à 10% il nous faut écrire le théorème de l’énergie cinétique à la boite de vitesse.

 

 

Nous négligeons les termes de résistance aérodynamique et de résistance au roulement et exprimons  en fonction de , la vitesse du véhicule.

 

Ainsi :

 

En réinjectant dans l’équation précédente :

 

Nous calculons que la vitesse de fin d’embrayage se situe lorsque . De plus .

 

Donc :

Où :

 

Grâce au script python (donné en Annexe 1), nous trouvons un temps d’embrayage de 2.4 secondes ainsi qu’une vitesse finale d’environ 10 Km/h.

2)   Détermination de l’énergie dissipée par l’embrayage

 

D’autre part, la fonction énergie du code Python nous donne une énergie dissipée dans l’embrayage de  soit une puissance de  . Ce résultat montre qu’une grande partie de l’énergie est dissipée dans l’embrayage au démarrage, soutenant le fait qu’il n’est pas bon de le faire patiner au démarrage et qu’il est nécessaire de dissiper cette énergie calorifique de l’embrayage. Ce sont le rôle des petits trous percés dans les disques d’embrayage.


 

3)   Capteurs et actionneurs installés par le constructeur au niveau de l’embrayage

 

La particularité de l’embrayage étudié est qu’il est actionné par un moteur électrique. L’arbre de sortie du moteur électrique entraîne en rotation un galet, lui-même relié à une biellette. Le système biellette-galet permet de transformer le mouvement de rotation du moteur en un mouvement de translation du plateau de pression. Des ressorts sont situés entre le plateau de pression et la biellette afin de diminuer l’usure de l’embrayage et rattraper les jeux. Le plateau de pression assure l’adhérence du disque d’embrayage sur le volant moteur en position embrayée.

 

schéma_embrayage
La rotation du moteur est mesurée par un capteur de position. Ce capteur est un encodeur incrémental ou un capteur à effet Hall. La principale différence s’opère sur le prix : les capteurs à effet Hall sont moins chers et moins précis que les capteurs incrémentaux. Ces derniers sont pour cette raison moins utilisés aujourd’hui. On compte également un capteur de remise à zéro au niveau du bas du galet. Lorsque le galet entre en contact avec ce capteur, on sait que l’embrayage est en position totalement ouverte.

 

Figure 13 : Actionneur de l'embrayage

 
 

 


                                                               

4)   Proposition d’une solution alternative

 

·        Système mécanique

 

Notre système est un système mécanique, donc fiable, peu cher et facile à intégrer dans un système plus complexe. Par exemple, le mécanisme de rattrapage de jeux grâce aux ressorts permet de compenser l’usure du disque lié au plateau de pression. Néanmoins, d’autres systèmes existent.

 

·        Système électrohydraulique

              

               Ce système convertit l’énergie hydraulique en énergie mécanique à partir de signaux électriques ayant un niveau de puissance bas. Une électropompe, associée à un accumulateur et un vérin d’embrayage, permet de remplacer un système purement mécanique. Même s'ils sont parfois moins connus que les asservissements électriques, les systèmes asservis électrohydrauliques permettent de contrôler avec fidélité et précision la vitesse ou la position d'une charge. Ainsi, on contrôle plus facilement le patinage de l’embrayage.

               Néanmoins, du fait de l’implantation du groupe électropompe, ce système reste cher et destiné à des véhicules nécessitant de fortes puissances (camions, tracteurs…).

 

·        Système pneumatique

              

               Les systèmes pneumatiques reprennent le fonctionnement général des systèmes hydrauliques, à la différence près que le fluide considéré n’est plus de l’huile mais de l’air. En revanche, ce dispositif présente davantage d’inconvénients. A cause de la compressibilité de l’air, l’embrayage fonctionne en mode « tout ou rien ». En effet, l’air se dilate et le mouvement est plus difficile à contrôler.  De manière générale, les systèmes pneumatiques sont préférés pour les sélections de vitesse, car les efforts sont souvent moins importants et nécessitent plus de réactivité.

 

·        Système électromagnétique

 

Dans un système électromagnétique, le mouvement est assuré par friction ou par dentures en contact. La commande de l'embrayage est assurée par une bobine électromagnétique. La commande binaire ne le destine généralement pas aux démarrages progressifs. L'actionneur est intégré à l’embrayage, ce qui rend le dispositif compact et peu coûteux. Toutefois, cet actionneur consomme en permanence de l’énergie, car les bobines sont en permanence alimentées.  Il est également plus difficile de doser l’effort presseur.


 

IV-           Analyse de la synchronisation des vitesses

 

Le but de cette partie est de déterminer le temps de synchronisation pour le passage d'une vitesse et le relier à l'effort à appliquer par le synchroniseur pour passer le rapport. Pour cela, un modèle analytique est à établir. Puis, il faut appliquer un théorème énergétique pour pouvoir déterminer le temps de synchronisation des vitesses.

1)   Modèle de changement de vitesse et temps de synchronisation

 

On extrait du schéma cinématique les éléments importants pour le passage entre la seconde et la première. On définit ainsi l'arbre primaire pi en vert, le pignon 1 de la première en rouge, le pignon 2 de la seconde en gris et le synchroniseur 4 en jaune.

Figure 14 : Extrait du schéma cinématique

On applique le théorème de l'énergie cinétique à l'ensemble précédent :

 

(1)

 

En supposant les liaisons parfaites on peut en déduire que la puissance intérieure  est nulle. De plus, on néglige les énergies cinétiques de l'arbre de sortie et du synchroniseur car leur vitesse de rotation ω reste constante. On passe donc au calcul de la puissance extérieure.

 

Par définition, on a =

 

On en déduit, d'après (1) :

  (2)

 

Or, on peut calculer  :

(3)

 

On note l'inertie équivalente. On peut ainsi réinjecter cette expression dans notre théorème de l'énergie cinétique (2), en simplifiant des deux côtés par  :

 

          (4)

Avec :

 : l'angle avec lequel le synchroniseur vient frotter

: le coefficient de frottement, qui  vaut environ 0.2, car il correspond à un contact acier/acier

: rayons intérieurs et extérieurs du synchroniseur

 : effort appliqué par la fourchette de commande

 

On définit également le rapport de première et de seconde  qui vont nous servir plus tard, pour relier nos deux inconnues que sont  et  .

 

2)   Application au système

 

Dans un premier temps, on va calculer les inerties des différentes pièces, en utilisant la formule pour l'inertie d'un cylindre plein : .

Pour l’inertie de l’arbre primaire , on prend en compte non seulement l’inertie de l’arbre, mais également celle de tous les pignons qui sont solidaires de l’arbre ainsi que celle des pignons fous, car ils sont aussi entraînés pendant le passage de vitesse.

Pour calculer l’inertie des pignons, on prend la différence de deux cylindres pleins, l’un correspondant au rayon extérieur, et l’autre au rayon intérieur.

Il vient, en utilisant (3) : (5)

On peut maintenant décomposer  pour en extraire le temps de synchronisation  qui va nous intéresser. Pour cela, on détermine la vitesse de rotation du pignon 2 avant et après le passage de vitesse, en supposant une vitesse de la voiture de 15 km/h au moment du passage et en connaissant les différents rapports. La vitesse au moment du passage et les caractéristiques de la boîte sont donc les paramètres influents de premier ordre pour le temps de synchronisation.

 

On a donc :(6)

 

On peut conclure, en faisant les applications numériques avec les valeurs relevées sur la boîte de vitesse, et en combinant (4), (5) et (6), avec la relation : .

Nous pouvons maintenant vérifier que cette relation est cohérente. Pour les boîtes automatiques et robotisées, le temps de passage d'une vitesse est optimisé et correspond environ à 0,25 secondes pour notre boîte Toyota.

Pour cette valeur, nous considérons un temps d'embrayage et un temps de débrayage valant chacun 0,1 secondes, qui ne correspondent pas à la synchronisation à proprement parler. Le temps de synchronisation des vitesses est donc d'environ 0,05 s pour notre boîte.

 

D'après la relation établie précédemment, l'effort appliqué par la fourchette de commande est donc de 11,67 N environ, l'ordre de grandeur est cohérent avec les données techniques. Le modèle numérique semble donc adapté au modèle réel.

3)   Capteurs et des actionneurs participant à la synchronisation

 

Les actionneurs présents sur cette boite sont des actionneurs électriques. Cette solution a été choisie pour sa facilité de mise en œuvre (électrique déjà présent dans le véhicule), son faible coût, sa compacité et la possibilité d’inversion du sens de rotation, permettant de sélectionner ou non un rapport. Néanmoins, l’utilisation de matériel électrique pose des problèmes de fiabilité, d’usure des balais et des collecteurs ainsi que certaines limites de fonctionnement (défaut d’isolation, température maximale, etc.).

 

Deux capteurs sont mis en en œuvre pour la synchronisation des rapports dans une boîte de vitesse robotisée. Le premier est un capteur de course de changement de vitesse lié au moteur de changement de vitesse. Le second est un capteur de course de sélection de vitesse, et est lié à son moteur de sélection de vitesse. La donnée des deux capteurs permet de connaître exactement quel rapport est engagé.

 

4) Proposition d’une solution alternative adaptée

 

Un autre type d’actionneur possible est l’actionneur hydraulique ou pneumatique. Deux vérins hydrauliques ou pneumatiques à double effet actionnent les axes de sélection et d’engagement des rapports. Un troisième vérin, à simple effet, commande la fourchette d’embrayage émergeant du carter. Des électrovannes alimentent ces vérins ; des capteurs de position fournissent en permanence des données sur la configuration exacte de la boîte et une électropompe met le circuit hydraulique ou pneumatique sous pression.

 

Ce type de commande n’est néanmoins pas envisageable pour notre boîte de vitesse, car une commande hydraulique nécessite un groupe hydraulique ou pneumatique, encombrant et coûteux, donc difficile à mettre en œuvre pour cette taille de vitesse. Il sera favorisé pour des boîtes de vitesses plus puissantes (poids lourds…).


 

Conclusion

 

               Ce projet a été pour nous l’opportunité de comprendre de manière plus poussée le fonctionnement des boîtes de vitesses. Grâce à l’étude de la boîte Toyota, nous avons pu lier la théorie, apportée par les cours d’analyse technologique, à la pratique. Après une étude de l’architecture mécanique de la boîte de vitesse et de la dynamique du véhicule, nous nous sommes penchés sur la partie commande, permettant de robotiser le changement de vitesse.

 

Ainsi, trois objectifs majeurs nous semblent avoir été atteints : avoir une vue d’ensemble des boîtes de vitesses présentes aujourd’hui sur le marché de l’automobile, comprendre leur architecture et leur intégration dans un système mécanique, et développer notre esprit critique des solutions proposées par les industriels.

 

Ce travail nous a donné un avant-goût de notre futur métier d’ingénieur. En menant ce projet dans sa totalité, chacun de nous a pu développer des compétences autant individuelles que collectives. Qu'il s'agisse de compétences techniques ou humaines, nous nous rendons aujourd'hui tous compte de l'importance de l'organisation, de la communication et des échanges dans la conduite de ce type de projet.


 

Références Bibliographiques

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Table des figures

 

Figure 1 : Embrayage à convertisseur de couple. 6

Figure 2 : Fonctionnement du variateur 7

Figure 3 : Synchroniseur de vitesse en position débrayée (en haut) et embrayée (en bas) 8

Figure 4: Schéma d'un actionneur d'embrayage. 9

Figure 6 : Schéma cinématique de la boite. 10

Figure 7 : GRAFCET complet 12

Figure 8 : GRAFCET du passage de vitesse de la 3ème à la 4ème 13

Figure 9 : Chronogramme d'un changement de vitesse. 14

Figure 10 : Résolution de l'équation différentielle . 15

Figure 11 : Courbes de vitesse pour les différents rapports. 15

Figure 12 : Cartographie moteur 16

Figure 13 : Actionneur de l'embrayage. 18

Figure 14 : Extrait du schéma cinématique. 20

 


 

Annexe 1 : Détermination du temps d’embrayage dans une côte de 10%